Le 26 mars 2026, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte a publié son rapport annuel 2025. Lire le rapport complet L’année 2025 a marqué le début d’un nouveau chapitre pour l’OTAN. Les pays membres ont pris des décisions majeures et agi de manière déterminante pour la défense de l’Alliance, la sécurité d’un milliard de personnes de part et d’autre de l’Atlantique et la préservation de leur modèle de société. Confrontée aux menaces et aux défis multiples qui caractérisent l’environnement de sécurité actuel, plus dangereux et plus complexe, l’OTAN est devenue plus forte. La menace la plus sérieuse et la plus directe pour la sécurité des Alliés ainsi que pour la paix et la stabilité dans la zone euro-atlantique reste incarnée par la Russie. Moscou poursuit sa guerre d’agression brutale contre l’Ukraine – guerre qui est entrée dans sa cinquième année –, avec l’appui de la Chine, de la Corée du Nord, de l’Iran et du Bélarus. Par ailleurs, la compétition stratégique s’intensifie, la menace terroriste n’a pas disparu et l’instabilité règne dans le voisinage méridional de l’Alliance. L’OTAN est vigilante et continuera d’assurer la sécurité des Alliés. Tout au long de l’année, la Russie a continué de mettre l’Alliance au défi au travers d’agissements de plus en plus inconsidérés : violations de l’espace aérien de certains pays membres, actes de sabotage ou encore actes de cybermalveillance. L’OTAN a opposé à ces provocations une réponse rapide, claire et ferme. Pour protéger les infrastructures critiques des Alliés en mer Baltique, elle a lancé l’initiative Baltic Sentry. Et pour exercer une plus grande vigilance et consolider sa posture de dissuasion et de défense sur le flanc oriental du territoire de l’Alliance, elle a lancé l’initiative Eastern Sentry. En déployant davantage de moyens sur terre, en mer et dans les airs, les Alliés envoient un message fort témoignant de leur solidarité, de leur puissance et de leur détermination. Le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à La Haye en juin 2025 marquera l’histoire de l’Alliance. Lors de cette réunion, les dirigeants des pays membres ont pris des mesures destinées à renforcer considérablement la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN. Les Alliés se sont notamment engagés, pour 2035, à porter les dépenses de défense à 5 % de leur PIB. Plus précisément, ils ont convenu de consacrer, d’une part, 3,5 % du PIB au financement des besoins ayant trait à la défense proprement dite et à la réalisation des ambitieux objectifs capacitaires que leur a fixés l’OTAN en 2025, et, d’autre part, 1,5 % du même PIB aux dépenses liées à la défense et à la sécurité au sens large (résilience et préparation du secteur civil, innovation, protection des infrastructures critiques, renforcement de l’industrie de défense, etc.). Le plan d’investissement de défense adopté à La Haye permet un partage plus juste et plus équilibré de la charge que représente la sécurité. En 2025, les Alliés ont alloué au total plus de 1 400 milliards de dollars supplémentaires à la défense (en prix constants de 2021). Les Alliés européens et le Canada se mobilisent pour faire plus et investir davantage, ce qui se traduit par une augmentation sensible de leurs dépenses de défense. Entre 2014 et fin 2025, ils ont plus que doublé le budget qu’ils consacrent chaque année à la défense (une hausse de 106 % en valeur réelle). Rien qu’en 2025, ils ont investi au total 574 milliards de dollars dans la défense, ce qui représente une progression de 20 % en valeur réelle par rapport à 2024. Il ressort des chiffres communiqués par les Alliés que tous consacrent désormais au moins 2 % de leur PIB à la défense, conformément à l’instruction donnée en 2014, que beaucoup augmentent fortement leurs dépenses et que trois atteignent déjà le nouvel objectif des 3,5 %. Cette forte augmentation témoigne du fait que les Alliés sont conscients de l’évolution de l’environnement de sécurité et de la nécessité de s’acquitter de leurs obligations collectives. Grâce aux efforts consentis, nous sommes tous plus en sécurité, mais cette dynamique ne doit pas faiblir. Je compte sur les Alliés pour montrer, lors du prochain sommet de l’OTAN, à Ankara, qu’ils se trouvent sur une trajectoire crédible qui leur permettra d’atteindre l’objectif des 5 %. Au sommet de La Haye, les Alliés ont aussi décidé de donner une nouvelle impulsion à la coopération entre les industries de défense situées de part et d’autre de l’Atlantique. L’idée est de fournir une capacité industrielle mobilisable et de libérer le potentiel d’innovation pour doter les forces armées de nos pays des capacités dont elles ont besoin et pour continuer d’aider l’Ukraine. L’OTAN travaille en étroite collaboration avec l’Union européenne et avec ses partenaires de l’Indo-Pacifique à cet égard, ainsi que dans d’autres domaines. En 2025, l’OTAN et les Alliés ont réaffirmé leur ferme soutien à l’Ukraine et n’ont pas relâché l’effort. L’OTAN a lancé une initiative, baptisée PURL, au travers de laquelle elle coordonne l’achat auprès des États-Unis, par les Alliés et les partenaires, d’équipements militaires dont Kyïv a besoin en priorité. Il s’agit de doter l’Ukraine d’une puissance de feu indispensable, au travers de moyens que seuls les États-Unis peuvent fournir dans les quantités et avec la rapidité voulues, qui l’aide à tenir la ligne de front et à protéger sa population. Grâce à l’assistance que l’OTAN lui offre sur le long terme, l’Ukraine est en mesure de se défendre aujourd’hui, elle se trouvera en meilleure posture pour obtenir une paix juste et durable, et elle sera capable de dissuader la Russie de toute nouvelle agression. En complément des structures et programmes déjà en place pour aider Kyïv, tels que le programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité en faveur de l’Ukraine, l’OTAN a ouvert en 2025, en Pologne, le premier organisme civilo-militaire OTANUkraine : le Centre d’analyse, d’entraînement et de formation, qui permet de tirer des enseignements précieux de ce qui se passe sur le champ de bataille. En 2025, l’OTAN a continué de renforcer sa posture de dissuasion et de défense en faisant évoluer sa structure de commandement. La zone de responsabilité du Commandement allié de forces interarmées de Norfolk (États-Unis) inclut à présent le Danemark, la Finlande et la Suède. L’OTAN a également établi un nouveau centre multinational d’opérations aériennes en Norvège afin d’améliorer la coordination des opérations aériennes de l’Alliance, et plus particulièrement celles menées dans le Grand Nord et dans l’Arctique. En outre, tout au long de l’année, l’OTAN et les Alliés ont, au travers d’un ambitieux programme d’exercices, testé leurs capacités et entraîné leurs forces armées pour qu’elles soient prêtes à assurer la dissuasion et la défense à tout moment. Je m’attends à ce que le sommet qui aura lieu à Ankara en juillet 2026 s’inscrive dans la lignée de ce que nous avons accompli en 2025. Pas question de se satisfaire du bilan actuel, car il n’y a pas de temps à perdre : c’est la sécurité d’un milliard de personnes qui est en jeu. L’Amérique du Nord et l’Europe ont toujours été plus fortes ensemble, au sein de l’OTAN. Et dans un monde devenu plus incertain et plus dangereux, notre sécurité continuera de reposer sur un lien transatlantique fort. |